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DJI30 octobre 2026

DJI Dock 4 : présentation complète de la station de drone autonome

Fonctionnement, drone Matrice 5TD, capteurs, logiciel et usages en sûreté : tout ce qu'il faut savoir sur la DJI Dock 4.

DJI — vidéo officielle de la Dock 4 (en français).

La DJI Dock 4 est une station automatisée pour les missions du drone Matrice 5TD. Au-delà de l’échange de batterie, la solution réunit capteurs visibles et thermiques, détection d’obstacles, transmission O4 et supervision dans FlightHub 2.

Cette présentation reprend les caractéristiques publiées par DJI et leurs limites. Elle distingue la station, le drone et le logiciel pour aider à préparer un projet de sûreté ou d’inspection sans confondre des valeurs de laboratoire avec les résultats d’une installation réelle.

Une station, un drone et une liaison au sol

La solution comporte trois éléments à distinguer : la Dock 4 abrite le drone et gère les batteries ; le Matrice 5TD réalise les vols et porte les capteurs ; l’O4 Ground Station assure la transmission et le positionnement RTK. La station est compatible uniquement avec le Matrice 5TD et ne fonctionne pas sans l’O4 Ground Station.

FlightHub 2 coordonne les routes, les flux vidéo et les tâches à distance. L’application DJI Enterprise sert à l’activation, à la configuration et au diagnostic sur place, ainsi qu’au déclenchement de tâches et à la consultation à distance. L’automatisation n’enlève pas les responsabilités de l’exploitant.

DJI — Vue de dessus de la Dock 4, capot ouvert.
DJI — Vue de dessus de la Dock 4, capot ouvert.

Échange de batterie : comprendre les 25 secondes

DJI — Échange automatique de batterie par la Dock 4.

DJI mesure les 25 secondes à partir de la fermeture complète du capot jusqu’à la fin de l’échange. La FAQ donne séparément 45 secondes comme intervalle minimal de l’atterrissage au décollage suivant. Ces valeurs sont issues d’essais contrôlés ; les conditions du site et la version logicielle peuvent modifier le résultat.

La station possède quatre compartiments, mais trois au maximum peuvent contenir une batterie afin de laisser fonctionner le mécanisme. Au retour d’une mission, l’échange automatique est prévu si la charge du drone est inférieure à 79 %. Un échange manuel peut aussi être commandé dans FlightHub 2 ou l’application DJI Enterprise.

Les batteries stockées peuvent alimenter la station en secours. En cas de coupure secteur, DJI exige au moins deux batteries dans les compartiments pour poursuivre les échanges, contre une avec le secteur disponible. Cette alimentation de secours ne recharge pas les batteries du drone : l’énergie disponible reste limitée.

Autonomie et vitesse : prévoir une mission réaliste

DJI annonce jusqu’à 59 minutes de vol pour le Matrice 5TD, mesurées en laboratoire sans vent, sans charge utile, à 20 m de hauteur et à 15 m/s, jusqu’à 0 % de batterie. Ce n’est pas une durée à programmer telle quelle : il faut conserver une réserve, tenir compte du trajet retour, du vent et des accessoires.

Les 21 m/s concernent les tâches FlyTo uniquement ; la vitesse maximale des autres modes est de 15 m/s. FlightHub 2 propose également un relais entre deux aéronefs d’un projet, avec un drone en vol et un autre prêt à prendre la suite. Une seule Dock 4 accueille un seul drone : le relais suppose une configuration adaptée.

Caméras visible, thermique et télémètre laser

DJI — Caméras visible, thermique et télémètre laser du Matrice 5TD.

Le téléobjectif 11× correspond à une focale équivalente de 252 mm. DJI le présente pour examiner des détails éloignés, par exemple des panneaux ou des éléments de lignes électriques. La capacité d’identification doit être testée avec la distance, la lumière et les cibles réelles du site, plutôt que déduite du seul niveau de zoom.

La caméra infrarouge atteint 1 280 × 1 024 pixels, avec un mode UHR à 2 560 × 2 048. Les modes de fusion combinent contours visibles et répartition thermique dans une même image. Pour une inspection, un point chaud est un indice à analyser, pas à lui seul le diagnostic d’une panne.

Le fabricant décrit aussi une vision nocturne couleur 4K, un éclairage auxiliaire proche infrarouge pour la vision en noir et blanc, et un télémètre laser annoncé jusqu’à 3 km. Les coordonnées PinPoint et la distance peuvent être superposées au flux pour situer une observation et la transmettre aux équipes.

Détection d’obstacles et limites de sécurité

Le Matrice 5TD combine radar à ondes millimétriques dans trois directions, LiDAR rotatif et vision dans six directions. DJI cite la détection de câbles noirs isolés de 11 mm dans ses conditions d’essai. La pluie, le brouillard, la matière et la forme de l’obstacle influencent les résultats ; le système ne peut pas éviter activement tous les objets rapides.

Le drone reçoit des signaux ADS-B et certaines identifications à distance de drones compatibles. Des zones de vol personnalisées et un parachute DJI font également partie des moyens présentés pour réduire les risques. Ces aides ne constituent ni une autorisation de vol ni une garantie d’absence de collision.

Certains accessoires sont vendus séparément. Le projecteur mérite une attention particulière : DJI précise que son activation désactive la détection visuelle d’obstacles, laissant le radar et le LiDAR actifs. La configuration des charges utiles doit donc faire partie de l’analyse de sécurité.

Météo, implantation et alimentation

La plage de fonctionnement de la Dock 4 est de −40 °C à +50 °C ; chauffage et climatisation gèrent la température des batteries. La FAQ fixe une vitesse de vent maximale de 12 m/s et une intensité de pluie maximale de 2 mm/h pour le fonctionnement normal. Une photo sous la pluie ne signifie donc pas un usage possible sous n’importe quel orage.

DJI demande une alimentation et une connexion réseau stables, une altitude d’installation ne dépassant pas 5 000 m et une O4 Ground Station dans un emplacement dégagé. Une étude sur place avec un Matrice 4 ou Matrice 4D est requise avant l’installation permanente. Les obstacles, la visibilité satellite et l’accès pour l’entretien sont à examiner.

La possibilité de déploiement près de bâtiments élevés dépend de la couverture de positionnement satellite ; DJI indique actuellement la plupart des régions d’Asie-Pacifique. Elle ne doit pas être supposée acquise en Tunisie. Le déploiement mobile sur véhicule est annoncé pour le premier semestre 2027, avec décollage et atterrissage uniquement véhicule arrêté.

Transmission : temps réel et récupération des médias

L’O4 Ground Station peut être implantée en hauteur pour améliorer la liaison. DJI annonce environ 160 ms de latence drone-vers-cloud et une réduction d’environ 43 % par rapport à la génération précédente ; ces mesures restent indicatives et dépendent du réseau et du poste de consultation.

Après l’atterrissage, un canal Wi-Fi transfère les médias vers la station pendant l’échange. DJI cite jusqu’à 80 Mo/s pour de gros fichiers dans un laboratoire sans interférences, avec les bandes compatibles et la carte SD fournie. Les petits fichiers, le réseau et les interférences peuvent réduire ce débit.

FlightHub 2 : superviser, détecter et produire un rapport

Le Virtual Cockpit, l’édition de routes, le calendrier des tâches, les flux multiples et le tableau de bord regroupent l’exploitation à distance. L’IA embarquée détecte 17 types d’objets et des points chauds ; la recherche multimodale du cockpit utilise du texte ou une image pour rechercher un objet. Les détections doivent être évaluées sur les scènes propres à l’exploitation.

DJI décrit des alertes par SMS, e-mail ou plateforme, avec des actions telles que capture, enregistrement, suivi ou vol stationnaire. FlightHub 2 Copilot transforme des demandes en langage naturel en commandes. Après mission, la comparaison avec des photos aériennes ou modèles historiques peut aider à repérer des changements et préparer un rapport.

Ces possibilités sont des fonctions décrites par le fabricant, pas des performances mesurées sur un site Waycon. Les workflows, licences, versions et interfaces disponibles doivent être confirmés avant de promettre une intégration ou un traitement automatique spécifique.

Intégration, données et accessoires

FlightHub 2 existe en cloud public, en version sur site et sous forme d’appliance tout-en-un. OpenAPI et FlightHub Sync permettent des connexions avec des plateformes tierces, mais le périmètre des interfaces diffère entre versions. Un projet doit choisir où seront stockées les images, qui y accède et comment les événements rejoignent la supervision existante.

DJI décrit le chiffrement des échanges, des contrôles d’accès et une journalisation. Ces mécanismes doivent être examinés avec les exigences de confidentialité et les règles applicables au client. L’architecture sur site ne dispense pas de définir la conservation, les droits de consultation et les procédures de suppression.

Le Matrice 5TD accepte jusqu’à 450 g de charge utile et des accessoires tels que haut-parleur, projecteur, parachute ou équipements tiers compatibles. Les accessoires peuvent affecter l’autonomie et la détection d’obstacles ; compatibilité, montage et disponibilité doivent être vérifiés ensemble.

Préparer un projet de sûreté ou d’inspection en Tunisie

Pour une plateforme logistique, la priorité peut être une image rapide après alerte ; pour un site énergétique, l’inspection thermique et le suivi de changements ; pour un grand périmètre, des rondes documentées. Définissez le résultat attendu avant de choisir les accessoires et la cadence des missions.

Le dossier doit réunir plan du site, zones autorisées, obstacles, alimentation, couverture réseau, météo locale, exigences de données et procédure opérateur. Les autorisations aéronautiques et la disponibilité locale des fréquences et fonctions sont à confirmer. Un essai encadré permet de mesurer la qualité d’image, les délais et les contraintes avant un déploiement élargi.

DJI — Matrice 5TD en vol de jour au-dessus d'une forêt.
DJI — Matrice 5TD en vol de jour au-dessus d'une forêt.

Sources fabricant